Reflections from far mland

Tuesday, February 14, 2006

teta

sorry anglophones but i need to write this in french.
Teta - grandmere,
Je te vois maintenant. Ton visage doux, tendre. Plein de rides, des rides de rides. Tes yeux toujours etincelants, parfois espiegles. Ton sourire plein de vie, remplace vite par une bouche qui boude. Un sourire ephemere mais qui vous rechauffe. Certains disent que tu etais une sainte. C'est peut-etre la verite, mais pour moi, tu etais l'essence de l'humanite. Une ame humble, genereuse, debordante d'amour, et parfois capricieuse. Ton rire resonne toujours dans mes oreilles, ce rire qui ne te quittait pas meme en desespoir. Quand j'etais petite encore je me rappelle comment je me cachais derriere toi et que tu etais ma branche d'olive, ma defense. Comme tu aimais la vie! Les escapades avec la famille au bord de la mer. Ta shisha et tes cigarettes. Monter en bateau vers l'horizon. Soudain les bombardements, et vite vite nous enfuir en voiture jusqu'au village.
Glace au chocolat, ooh la la! Tu ne pouvais vraiment pas t'en passer! Les soirs d'ete passes sur la terrasse, dehors. Tu allongeais tes jambes et grognais qu'il faisait trop chaud! Toujours chaud! Tu gardais une simplicite naturelle que peu de gens possaident maintenant. C'etait facile a te faire plaisir, mais gare a celui qui te fachait...
Adolescente, je n'aimais pas beaucoup les gens et voulais souvent etre seule. Je raffolais de m'assoir pres de toi tout de meme, t'embrasser. Tu me donnais un sens de paix, d'aisance. Tu me confiais de tous petits secrets que tu ne racontais pas aux autres. Tes anecdotes d'afrique. Tous tes soupirants qui t'inondaient de chocolats, et voila, Rouba, c'est pour ca que mes dents ne tiennent plus; je mangeais tout le chocolat! Mais ummmm, comme c'etait bon!
Et teta, raconte-moi tes histoires avec jeddo.
Oooh, comme il m'a aime! Nous nous aimions 10 longues annees avant notre mariage.
Tu sais, ma fille, quand la maison de mes parent a Antelias s'est ecroulee, il a fait le trajet du village jusq'a la ville a pied! A pied, je te dis! C'est ca, l'amour. Il faut trouver un homme comme ca, sinon, tandpis pour lui!!! Donne-moi ma cigarette, maintenant.
Tout le monde t'aimais et jurais par ton nom. Je ne peux pas imaginer mon village sans ta voix, ton parfum. Et quel parfum! Must, je parcourais les aeroports pour te le trouver. Avec les cremes! Je faisais la sieste dans ton lit parfume de Cartier. C'etait ton point faible, le parfum. Totalement adorable. Pas de maquillage,seulement du parfum et un peu de manicure. Rouge.
Tu ne te lassais pas de nous reveiller, Marie et moi. Ce bouton d'interphone que tu appuyais de toute force et reveillait l'armee, mais bien sur pas nous. Enfin, tu rongeais l'escalier tournant et arrivais, a bout de souffle, pour nous arracher du lit! Et tu te disais 'mais je n'ai jamais jamais vu de ces modeles!'
Tu etais pleine d'amour; pas de declarations, mais de cet amour qui accompagne chaque geste, chaque regard. Tu oubliais tes maux, tes membres mous, pour nous reconforter.
Ta vie etais pleine d'obstacles, de peine. Mais tu t'es arrangee a trouver du bonheur dans tes enfants qui t'aiment inconditionnellement. Et moi.
Je n'aime pas te voir affligee de maladie. De douleur. Alitee.
C'est penible. Et je ne pouvais rien faire. Rien. Esperer seulement d'apaiser toute cette souffrance.
J'aime garder le souvenir de ton visage pale s'offrant a la brise cet ete en Juin. Tu avais arrache ce maudit oxygene, brandis ta cane de bois, et aventuree lentement a la terrasse. Tu voulais assister a mon depart. Toi et moi, nous savions secretement que c'etais la derniere. Fois. Tu m'as dis adieu la, debout, dehors, sans oxygene, ton visage tendre et tes yeux brillants de larmes et d'amour.

2 Comments:

  • roubs, you sent shivers down my spine! this is the one of the loveliest things i've read, maybe because i know you and her and what she means to you..imagine how great a writer i would think you are if i actually could write in french! by the way i think we scared off that hyper "dude"..don't come back!

    By Blogger Laila K, at Tuesday, February 14, 2006 4:17:00 PM  

  • I don't know either you or your grand mere, but I'm so enjoying reading about her here. I know you wrote this a few years ago, but it is still fresh and lovely to read Thank you!

    By Blogger Kathryn Maleney, at Friday, April 17, 2009 8:41:00 AM  

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